Catégories
Littérature contemporaine

Terrasse à Rome de Pascal Quignard

Un roman sur l’art. Le graveur Meaume, de Bruges, est amoureux d’une femme. Le fiancé de la jeune femme l’emportera car celui-ci défigure le visage de Meaume avec de l’acide.

Meaume se réfugie alors dans la gravure en utilisant une technique particulière appelée la « manière noire ». Il voyage, il grave des personnes, des paysages, de scènes, il apprend. Quignard déroule son récit en estampe.

Le roman suit une trame chronologique, le début à la fin de la vie de Meaume. Ses gravures sont décrites avec grande précision. Les chapitres s’enchaînent sans toujours de lien du premier avec le suivant. Pourtant, plus on avance dans le roman, plus on comprend mieux où Quignard veut en venir.
Ce roman est plein de tristesse.
Un roman qui est philosophique, historique et artistique. Propos de la vie, des images et des rêves, de l’amour, du temps qui passe.

Il m’a permis de découvrir la plume de Quignard. Son manque de simplicité est sans doute son seul défaut. Quignard parle par énigme, il disséque ses mots pour atteindre la beauté. Ce qu’il dit n’est pas beaucoup plus clair même si les phrases qu’il prononce sont construites correctement.
Cependant, ses phrases restent courtes et percutantes. Il produit des aphorismes dans la narration « Tous les lecteurs des livres vivent dans les angles. »

En écriture, l’auteur transmet son livre avec goût. Son livre se déguste, savoure. Il m’a convaincu. Je voulais un livre qui me fasse voyager dans des oeuvres personnelles, admirer la beauté, ressentir les émotions de l’artiste, c’est tout réussi.

Ce roman est complexe et profondément poétique. La plume de Quignard, c’est se confronter au beau, à la finesse, à la délicatesse.

Une prose musicale sur l’amour et la solitude. Je lirai un autre de ses romans comme « Tous les matins du monde » à l’occasion.

« Un jour Claude dit le Lorrain dit à Meaume le graveur : « Comment pouvez-vous savoir ce qui est sous l’apparence de toutes les choses ? Moi je n’y parviens pas. de toute ma vie je n’ai jamais su deviner les corps féminins que je désirais à travers les étoffes qui me séparaient de ces formes. Je ne voyais que les couleurs et leurs chatoiements. Chaque fois j’ai été surpris de mes erreurs. » Meaume lui répondit : « Vous êtes un peintre. Vous n’êtes pas un graveur voué au noir et au blanc c’est-à-dire à la concupiscence. »

Laisser un commentaire